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Veronique - Pacific Crest Trail Journal - 2010

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Edelweiss
City: Chambery
State: Savoie
Country: FRANCE
Begins: Apr 13, 2010
Direction: Northbound

Daily Summary
Date: Fri, Aug 6th, 2010

Journal Stats
Entry Visits: 671
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Guestbook Views: 7,285
Guestbook Entrys: 71

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Pacific Crest Trail Map

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montee vers le mt Adams

Mt Adams

Mercredi 4 août

Petit déjeuner à la station-service avec Richard et Maya. Je suis surprise d'apprendre que Richard a 69 ans je le croyais plus jeune que moi, Maya en a 56 et vit au nord de San Francisco, dans la Napa valley, le vignoble de la Californie. Elle travaillait pour une petite municipalité et Richard avait un job dans la justice à San Diego. Ils vivent à des centaines de kilomètres loin de l’autre et se retrouvent dans un chalet qu'ils louent vers le lac Tahoe pour faire du ski et de la montagne. Bon plan de vie à deux ! Je règle mes achats et la chambre à Beverly, elle me demande comment je rejoins le trail, je lui réponds que je vais faire du stop, elle insiste pour m’emmener, une de ses filles gardera la boutique. 40 km et une heure aller/retour. Merci l’Amérique. Je m’attelle à une longue montée de 600 m et prends une petite pause lunch auprès de trois randonneurs. Scrawny Chicken (poulet malingre), son copain Carl et Ben, le fils de 15 ans. Scrawny Chicken doit son surnom à sa première femme qui l’a apostrophé ainsi, le soir de la nuit de noce, quand elle l’a vu nu. Il est section hiker depuis... 19 ans ! Il marche un peu plus de 100 miles par an et espère atteindre le Canada avant ses 75 ans. Au moment d'engouffrer son sandwich, je l'entends marmonner quelques paroles, il m'explique qu'il remercie dieu pour la nourriture et me demande si je suis croyante, je réponds que non... « vous verrez vous verrez vous irez vers dieu un jour », je lui réplique : « peut-être mais vers lequel ? » et là, le doigt pointé vers le ciel, l'air illuminé, il profère cette phrase, pleine de certitude et d'intolérance : « mais vers Jésus bien sûr, il n’y a que lui là-haut ». J’avale mon dernier cookie vite fait, de peur d'être sujette à un soudain délire mystique. Il prend une photo de moi avant de partir, je ne suis pas rassurée, et s’il refilait mon portrait à un de ces prêcheurs fanatiques pour m'exorciser ? Le seul extra-terrestre auquel je crois, parce qu'il exhausse toujours mes vœux les plus chers (dans tous les sens du terme...), c'est le père Noël, je n’ai pas osé lui dire. Plus loin sur le chemin, un mycologue donne un petit cours à une dizaine de jeunes devant quelques champignons. Je prête l'oreille, une jeune fille vient vers moi me demandant si je suis française, devant mon étonnement, je n’ai pas ouvert la bouche, elle ajoute qu'elle m'a vue dans le sud de l'Oregon. Elle faisait partie de l'équipe de maintenance avec qui j'avais partagé une pause lunch. J’arrive enfin au pied du Mont Adams, enneigé et partiellement dans les nuages. Je poursuis quelques kilomètres encore, sur le chemin en balcon tracée à la limite de la forêt. Une belle touffe de lupins accueille mon campement, 16 km, bien assez pour une demi-journée.

Jeudi 5 août

Finie la saison des amours dans la wilderness, les oiseaux se sont tus depuis quelques temps déjà et ce sont les bourdonnements d'insectes et les cris des animaux qui me réveillent le matin. Les chipmuncks, si petits, poussent des cris terribles et j’ai vu des espèces de bêtes rousses, entre le renard et la belette qui, à mon passage, aboyaient comme des chiots. Mini drame ce matin, je m’aperçois que j'ai laissé une culotte à Trout lake. Quand on n'a que deux culottes ce n’est pas malin. Surtout que celle qui me reste est la moins bien des deux. Depuis que j’ai maigri, elle a une tendance sournoise, après quelques kilomètres de marche, à se coincer entre mes fesses, ce qui m'oblige à des tortillements et contorsions tout le reste de la journée. J’essaye de poursuivre cul nu sous le pantalon, mais c’est désagréable, je me demande comment les femmes supportent les strings. Ce n'est pas dans les petits bleds où je m'arrête que je vais trouver une culotte confortable, peut être chez les trail Angel, plus au nord ? Le Mont Adams est dégagé de tout nuage et je peux voir ses glaciers ruisselants, trop abruptes pour accueillir des skieurs. Je poursuis sur le sentier, il traverse de grandes coulées de lave et de belles prairies. Des fleurs par milliers, lupins, asters, pinceaux indiens, bruyère rose et blanche, petites pensées violettes, herbes à ours, c'est un enchantement ce matin. Je croise quelques promeneurs et des cavaliers bien mal élevés : forts de leur bon droit, ils obligent le marcheur à sortir du chemin et à attendre dix minutes que la poussière retombe, ils ne s'excusent même pas et ne disent pas merci non plus, les hikers sont bien mieux éduqués. Je rencontre les derniers sobo, partis de la frontière le 13 juillet, ils ont des trail names : Subsandwich et Coach K. Ils ne sont qu’une poignée dans ce sens, j'en ai compté onze seulement, contre deux ou trois cents nobo. A l’ombre de la forêt, je rencontre Greta, assise sur un tronc, la mine épuisée. Elle parcourt un morceau du PCT avec son amie Mary et sa fille Chelsea. Greta profite de l'endroit, sans trop de moustiques, pour souffler un peu. La pauvre promène un sac énorme, ses amies sont déjà loin devant. Je ne suis pas pressée et nous cheminons ensemble. Greta tient son prénom de ses grands-parents allemands et habite Bellingham, au nord de Seattle près de la frontière canadienne. Elle est prof de math et a trois mois de vacances l'été. Contrairement aux profs français, elle trouve son boulot agréable et son sort enviable, je ne l'ai pas entendue se plaindre. Arrivée à la Midway creek, lieu du campement, je fais la connaissance de Mary et de sa fille, toutes les deux très occupées à se laver et à faire la lessive dans l'eau glacée. Elles sont infirmières et Chelsea, pas bête, cherche du boulot dans une école, elle a tout compris. Les ancêtres de Mary sont alsaciens, elle adore la France sans y être jamais allée. Nous dînons ensemble, Greta m’offre la moitié de son poulet au curry, une délicieuse variante à mes nouilles. Un sale moustique m'a piqué la lèvre supérieure et j’ai une gueule de Donald Duck.23 km aujourd'hui, pénibles pour les mollets, dans ce que je croyais être du sable mais qui est en fait la couche de cendres tombées en quantité sur le Mont Adams lors de l'éruption du Mont Saint Helens il y a 30 ans.

Vendredi 6 août

Greta me propose un thé ce matin et à peine ma gamelle en main, trois moustiques plongent dans l’eau fumante. Nous mettons nos moustiquaires pour savourer le moment plus tranquillement. Greta a un fils de 21 ans, marié à une jeunette de 19 ; devant mon étonnement sur un mariage aussi précoce, elle m'explique qu'ils se sont mariés par conviction religieuse, pour ne pas forniquer dans le péché ... je ne parle pas du père Noël.Je lui raconte, en riant, que je n'ai plus qu'une culotte, aussitôt elle fourrage dans son sac et, trail magic, m'en tend une, sauvée ! La mère et la fille se réveillent enfin et viennent nous rejoindre. Mary prévoit encore deux ans pour finir la section Washington de son PCT, à raison de dix miles par jour, dix jours par an elle avance lentement. Greta et Mary me donnent chacune un plat lyophilisé. Merci les filles.Je les quitte vers 10h. Même si j’ai ralenti la cadence, j’avance quand même un peu plus vite qu'elles. Les moustiques sont intenables, même avec la moustiquaire sur la tête et bombée de Deet, ils se faufilent dans mon col, aux poignets, ils piquent tous les endroits ou mes vêtements plaquent ma peau : dos, genoux. Je suis même piquée dans la paume de la main ! Impossible de prendre des photos... Heureusement j’ai la crème magique à la cortisone, sans elle, je serais écorchée vive. Cette crème à 0,1% est vendue sur ordonnance en France et ici la crème à 0,25 % est en vente libre... c’est le pays de l'automédication, trou de la sécu connaissent pas ! Dans la forêt ce matin, à flanc de montagne cette après-midi avec derrière moi le Mont Adams à peine perceptible dans la brume. Prochain volcan, le Mont Rainier et le petit dernier ensuite, que j'avais oublié, le Mont Baker...J’ai prévu de camper au Sheep lake (encore un lac du mouton) et je suis ravie en m'installant de sentir les rafales de vent, même si c’est un peu plus difficile pour monter la tente, la bise chasse les affreux. L'endroit idéal pour une petite toilette sans trop de piqûres. Je suis en chemise, le cul nu et les pieds dans l'eau quand je remarque quelques tentes et des pêcheurs juste de l'autre côté du petit lac. J’ai tellement l'habitude d'être seule que je n'ai même pas regardé en face avant de me déshabiller. Je bâcle le bas, et tant pis pour le haut ! L’endroit est très fréquenté, j’ai planté ma tente à quelques mètres du chemin et je vois passer au moins cinq randonneurs en trois heures.Je mets le ragoût lyophilisé de Mary au soleil dans de l'eau froide, une heure après il est prêt. Les plats précuits peuvent facilement se passer de réchaud.24 km et une montée jusqu'à 2000 m.

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Sur Les Cretes Du Pacifique

Veronique Edelweiss
Qui n'avance pas.... recule !

 

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