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Veronique - Pacific Crest Trail Journal - 2010

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Edelweiss
City: Chambery
State: Savoie
Country: FRANCE
Begins: Apr 13, 2010
Direction: Northbound

Daily Summary
Date: Mon, Aug 9th, 2010

Journal Stats
Entry Visits: 704
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Guestbook Views: 7,285
Guestbook Entrys: 71

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Pacific Crest Trail Map

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White pass

Samedi 7 août

Le temps est imprévisible, hier soir ciel clair et coucher de soleil rougeoyant et ce matin, un épais brouillard, une vraie purée de pois. Un brouillard tellement chargé d'eau que tout est trempé et qu'il fait friser mes cheveux mieux qu'une permanente. J’attends, en écoutant Joan Baez, que le soleil apparaisse mais vers 9h c'est pire et je lève le camp en soupirant. M'attend une des plus belles rando du sud Washington, la traversée des Goat rocks (rochers de la chèvre) sur les crêtes. C’est le début du week-end et je rencontre pas mal de « backpackers » (randonneurs de quelques jours), râlant de concert contre ce fichu temps. Poussés par le vent fort, les nuages escaladent les montagnes, dévalent les pentes, il en arrive toujours plus et le ciel est sombre et sinistre.Je parcours les crêtes sans la moindre appréhension, ne voyant ni le vide ni les falaises abruptes. Le chemin est dallé de pierres plates, branlantes et j'ai l'impression de sautiller sur un amas d'assiettes brisées comme après une méga scène de ménage. Le vent souffle fort, les gouttes de pluie nous giflent par intermittence et nous portons tous anorak ou cape de pluie. Les paysages fuient, je me console avec la flore. Là-haut, autour de 2300m, dans la rocaille parsemée de neige, elles sont lumineuses, leurs couleurs sont plus intenses qu'à basse altitude, elles embellissent délicatement ma marche dans la nuée. En descendant des crêtes, sous le plafond nuageux, c'est presque les Alpes : prairies, ruisseaux, sapins. Je plante vite ma tente avant que la pluie récidive. Hier soir, prise de fringale, j'ai dévoré tous mes m&ms au chocolat, tous, y compris la portion de ce soir. Je n’ai plus rien comme douceur après mes nouilles. La pluie dégoutte légèrement sur ma tente et j’aurais bien besoin d'une petite gâterie ce soir. Je lorgne dangereusement sur le dernier twix, réservé à une pause du lendemain, quand j’entends « hoho hoho » ! C'est Pat, un randonneur rencontré une heure auparavant, à qui j’ai indiqué un endroit de campement aperçu un peu plus haut. Il m'apporte des provisions : des barres énergétiques, une tablette de chocolat, un sac d’énormes noisettes de Hawaï, des poudres pour aromatiser l'eau des ruisseaux, deux plats lyophilisés et même une petite bouteille de vodka... devant mon incrédulité, il m’explique : « je prends toujours trop, ça me fait plaisir de partager avec vous » et il retourne à sa tente sous la pluie. Trail magic ! Je ne me lasse pas d'être, une nouvelle fois, émerveillée par la générosité et la gentillesse des américains. Tard dans la soirée (au moins 20h30) quatre jeunes débarquent. A les entendre grogner et se plaindre, ils semblent épuisés, gelés et mouillés. Je comprends, au cliquetis d’arceaux, qu’ils montent leur tente à côté de la mienne et en l'espace de quelques minutes un concert de ronflements et de rugissements débute. Même la pluie sur la tente ne couvre pas ce ramdam. Bouchons d'oreille, merci...

Dimanche 8 août

Comme pour se faire pardonner, ce matin, ils m’offrent le café et je tends ma gamelle, lavée de la nuit. Intérieur humide, extérieur trempé, il y a des petits matins sur le trail où la vie a des allures de Berezina. Je ne sais même plus par quoi commencer. Fourrer le duvet humide dans son sac mouillé ? Mettre les chaussettes que la pluie rend encore plus puantes ? Enfiler chemise et pantalon glacés, cartonnés de sueur ? Alors je maugrée un moment, ris de m'être mise toute seule dans un pétrin pareil et les choses se font, automatiquement, et les affaires trouvent leur place dans le sac et la tente gorgée d'eau, pesant deux fois son poids, est pliée et je me retrouve marchant sur le chemin, malgré moi, vite vite pour me réchauffer ! C’est ça aussi le trail magic, avancer en dépit de tout. L’étape est courte : 18 km pour rejoindre le White pass, petite station de ski à 1400 m. Peu à peu le ciel se dégage, j’aperçois les crêtes des Goat rocks que j'ai parcourues hier dans le brouillard. Enfin au soleil, je fais une pause lunch au-dessus d'un lac pour finir de sècher et je vois passer trois obèses chevauchant leur monture, les pauvres canassons paraissent minuscules, la graisse de leur cavalier déborde sur leurs flancs. Des lacets interminables dans la forêt m’amènent en une longue descente au col. Une station service fait office de cafeteria, de poste et de magasin. Au motel, juste à coté, Dale le gérant, me loue un petit studio de cinq lits. Après la douche et une lessive « lavabo », je plonge dans la piscine chauffée en sous vêtements. Au soleil c'est trop tentant et, à défaut de maillot de bain, la culotte de Greta et mon unique soutien gorge, pas vraiment coordonnés, font office de bikini. White pass, encerclé de montagnes, est loin de tout et je n'ai pas de connexion pour mon Peek, je ne peux recevoir les mails auxquels je tiens tant. Je baratine Dale (un sosie de Kevin Kostner) pour qu’il me laisse son ordi un moment. Bien volontiers, il dégage de sous un amas de papier et de journaux le portable de la réception. « Venez me voir sur la terrasse quand vous aurez fini ». Je lis les mails de la famille et des amis avec bonheur et je le retrouve pour papoter et boire des bières. Nous parlons « chat », c’est un amoureux de la gente féline, comme moi et nous sommes intarissables. Nick, son chat tigré aux chaussettes blanches, est sur ses genoux, la tête sous son menton, les yeux clos, trop craquant. Entre amoureux des chats on peut se raconter nos histoires sans faire rire. A la troisième bière je commence à me demander comment je vais pouvoir marcher jusqu'au magasin pour faire mes emplettes. Je laisse la quatrième cannette et juste avant la fermeture, les idées pas très nettes et voyant des chats roses partout, je fais le petit plein nécessaire.

Lundi 9 août

Ouille ouille ouille... Migraine au réveil ! Quatre bières (j'en avais sifflé une en arrivant puis trois avec Dale) et la plaque de chocolat noir de Pat (excellent, chose rare aux US) et voilà que les maux de la civilisation me rattrapent. Abondance de biens… nuit !Je bois un café à la réception avec Dale. Un jeune homme, Nathan, nous rejoint. Il fait partie d'une cousinade qui a eu lieu à l'hôtel pendant le week-end. Sa famille est répartie entre l'Angleterre et l'Amérique et tous les trois ans ils se réunissent sur un des deux continents. La fête est finie et il a du vague à l'âme : il appréhende le retour au boulot, sur un bateau de croisière à Hawaï. Croisières pour américains middle class (classe moyenne). Les passagers font le tour des îles en restant sur le bateau et s'empiffrent dans l'un des douze restaurants du bord qui proposent des buffets à volonté. Tous obèses les clients de Nathan, et il n'en peut plus. Alternance de belles éclaircies et de passages nuageux mais l'alternance est courte et nuages et brouillard s’installent vite sur la montagne pour la journée. La forêt et les lacs ont des allures très romantiques, encombrés de trainées de brumes doucement poussées par le vent. Il fait plutôt frisquet et même en marchant d'un bon pas, pour une fois je ne transpire pas. Je dois même enfiler le blouson à chaque pause. Je trotte un moment avec Dr House, le même que dans la série télévisée américaine, le sourire en plus ! Doc J, un section hiker, est, comme le héros de la série, médecin interniste, non pas à Princeton mais à Portland. Nous bavardons en avançant et il en oublie son copain Andy, qui a bien du mal à nous suivre en trainant sa bedaine. Courageux, ils s’arrêtent à un lac pour une grande toilette. Je rencontre à nouveau une équipe de maintenance, tous jeunes et joyeux malgré leur épuisant travail. Ils terrassent à coups de pelles et de pioches dans la terre détrempée et glissante et sont boueux de la tête aux pieds. Près d’un cours d’eau, je reste un moment à regarder une bande de scouts qui jouent les tarzans au dessus d'une rivière, je trouve plus prudent d'emprunter le petit pont de bois. Dans la dernière montée, je double Kristen et son fils de douze ans, Rily qui randonnent pour quelques jours, chapeau le gamin, il a un gros sac, ne râle pas et ne regrette même pas sa Nintendo. Partie tard dans la matinée, je marche 26 km jusqu'à 17h, j’ai hâte de me mettre au chaud dans mon duvet sous ma petite tente, brrr même sans pluie, tout est humide et froid.

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Sur Les Cretes Du Pacifique

Veronique Edelweiss
Qui n'avance pas.... recule !

 

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