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Veronique - Pacific Crest Trail Journal - 2010

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Edelweiss
City: Chambery
State: Savoie
Country: FRANCE
Begins: Apr 13, 2010
Direction: Northbound

Daily Summary
Date: Sun, Aug 15th, 2010

Journal Stats
Entry Visits: 774
Journal Visits: 89,145
Guestbook Views: 7,285
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Pacific Crest Trail Map

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refuge de Jim et Michael

deshydratation

Vendredi 13 août

Toujours grand beau temps et même chaud à l’abri du vent. Le sentier continue ses montagnes russes sur les crêtes puis se faufile dans la forêt, au frais. J’arrive dans une prairie où paissent des chevaux à côté d'un refuge en rondin. Je fais la connaissance de Jim et Mike, installés là pour quelques jours. Ils sont bénévoles et, pendant leurs vacances, viennent remettre en état tous les sentiers des environs avec leurs chevaux et leurs mules. Eux aussi me demandent si je suis allemande. Ils ne veulent pas que je prenne l'eau du ruisseau, et remplissent mes bouteilles avec leur eau filtrée. J'ai encore 7 ou 8 km à faire, mais mes jambes n'en peuvent plus. Pourquoi ? Mystère ! Je n'ai forcé ni la veille, ni ce matin. C’est rare mais il y a des jours comme ça où les automatismes ne sont plus là et où la tête doit prendre le relais et forcer les gambettes à avancer encore un peu plus loin. Arrivée au campement prévu, un campement sec, je ne fais pas un mètre de plus, je monte la tente et m’affale sur le matelas. Et j’entends : « Hello Edelweiss c’est Hike On » et voilà papy qui pointe sa barbe devant mon abside. La veille, dans le noir, il n'a pas pu repérer le coin prévu, s'est perdu et a fait du cowboy camping (bivouac). « J’aurais mieux fait de camper près de toi » ajoute-t-il. Cette fois encore il repart dans le soir tombant pour quelques miles de plus. Va-t-il encore se pointer demain à l'heure où je mets ma nuisette ?

Samedi 14 août

Je comprends pourquoi mes jambes ne me portaient plus hier. Déshydratation ! Il ne faisait pas très chaud et je n'ai pas ressenti le besoin de boire. Au refuge, j'ai rempli mes bouteilles (1,5 litre en tout) mais l'eau était tiède et je n’ai pas bu comme d'habitude mon litre d'eau, sur le champ. Hier, dans la soirée j'ai bu toutes mes réserves espérant ne plus avoir soif jusqu'au prochain point d'eau à trois kilomètres aujourd’hui. Mais dans la nuit, quelle pépie ! Je n'arrivais plus à m'endormir, rêvant de bulles de Perrier dans un grand verre glacé, même pas d'une bière. Ce matin, le campement est vite levé et, la langue pendante, je cours vers la source repérée sur ma carte. Gorge assoiffée n'a pas de cervelle, c’est bien connu et au lieu de consciencieusement chercher mon point d'eau, je largue mes sacs et cours dans tous les sens. D'habitude, près d’une source, on voit un vague chemin, des traces de pas, des herbes foulées et parfois de la gadoue, là, rien ! Et le prochain ruisseau est à 18 km… Je m’assoie à côté de mes sacs, effondrée, quand tout à coup j’aperçois, dans la prairie en contrebas du chemin, le soleil se refléter dans un filet d'eau... je l'ai trouvée, elle est juste là, à côté mais bien cachée dans les herbes déjà hautes. Pure, fraiche je bois 1,5 l en 2 minutes, et retrouve illico le moral.En remplissant mes bouteilles, mon Peek que j’ai mis, je ne sais pourquoi, dans la poche de ma chemise sans son étui, tombe dans l’eau. Vite vite, j’enlève la batterie et le mets à sécher au soleil espérant qu'il se remette plus vite que lors de sa noyade dans une creek de la Sierra. Je reprends le sentier sous un soleil de plus en plus chaud et dans un vent de moins en moins frais. Le parcours sur les crêtes est encore magnifique, montagnes et forêts à l'infini avec Rainier derrière moi, la chaine du Glacier Peak loin devant et, très éloignés à l'ouest, les sommets enneigés du Olympic national park. Sans ombre, je crève de chaud, mais que c'est beau cette immensité ! Lors d'une pause, avant d'entrer dans la forêt, j’essaie le Peek et miracle, il s'allume et là, deuxième miracle, au milieu de nulle part j’ai une parfaite connexion. Quel plaisir de vous lire, compte-rendu de vacances, en Corse, en Bretagne, voyage en Chine, je suis transportée bien loin du trail, merci mes amies.A l’instant où je repars, un chasseur, Jerry, arrive fusil en bandoulière et grosses jumelles autour cou. Il est en repérage pour la chasse aux cerfs, mais son truc c'est la chasse à l'ours et il attend l'ouverture avec impatience. Lui me prend pour une suédoise ! Quelle idée ? En fait son fils est marié à une suédoise et vit là-bas, avec trois moufflets, Jerry n'y est jamais allé mais pour lui, probablement, toutes les européennes sont des suédoises. Il me demande mon âge, lui a 57 ans et ne se sent pas capable de faire le PCT alors qu'il est bon marcheur. Je lui suggère de ne pas écouter sa tête, de ne pas être trop raisonnable, de se pointer l'année prochaine en avril à la frontière mexicaine, de mettre un pied devant l'autre et de se laisser prendre au jeu. Il part en riant de bon cœur, mais qui sait, ma proposition va peut être murir dans sa cervelle. J’ai encore du mal à trouver le point d’eau suivant pour faire le plein avant de continuer quelques kilomètres pour un dry camp. Le ruisseau est à 200 m du trail, au bout d'un fatras de troncs brisés, de branches cassées, mais le vent a faibli et je peux m'orienter au bruit de l'eau. Zébu zébu jusqu'à plus soif et je fais le plein pour la soirée et la nuit.Il est 20h et j'attends le passage de Hike On, viendra-t-il ce soir ?

Dimanche 15 août

A peine sur le chemin, je ne résiste pas à un grand champ de Huckleberries et m’installe pour une cueillette. Je prenais jusqu'à présent ces baies bleu sombre pour des myrtilles mais Jerry, le chasseur, m'a expliqué la différence. La huckleberry, dont il n’existe pas de nom en français, est brillante alors que la myrtille a une fine pellicule blanchâtre. Les deux variétés poussent aux mêmes emplacements et je trouve la huckleberry meilleure, plus sucrée et plus juteuse.Je me gave, les doigts déjà bleuis par les baies quand Richard et Maya arrivent. Richard est un lève très tôt et réveille Maya avec le café tous les matins. A 6h, ils sont déjà en route. Nous continuons ensemble, picorant des baies sur les bords du sentier. Après une rude montée bien chaude, nous découvrons deux glacières remplies de boissons fraiches. Richard et moi savourons les deux dernières bières en bénissant notre bienfaiteur. Trail magic ! Hier ils ont eu la même mésaventure que moi, assoiffés, sans une goutte d'eau, ils comptaient sur la source. Richard l'a cherchée pendant deux heures côté montagne sans succès, alors qu'elle était dans la prairie juste en dessous. Ils ont marché ensuite plusieurs heures, crevant de soif, avant de rencontrer deux chasseurs qui avaient de l'eau dans leur voiture garée plus bas et ils leur ont donné un gallon. Nous nous sommes installés ce soir près d'un ruisseau, Richard et Maya sur le seul coin assez grand pour leur tente et moi, comme souvent, sur le chemin.

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Sur Les Cretes Du Pacifique

Veronique Edelweiss
Qui n'avance pas.... recule !

 

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