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Veronique - Pacific Crest Trail Journal - 2010

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Edelweiss
City: Chambery
State: Savoie
Country: FRANCE
Begins: Apr 13, 2010
Direction: Northbound

Daily Summary
Date: Wed, Aug 18th, 2010

Journal Stats
Entry Visits: 672
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Guestbook Views: 7,285
Guestbook Entrys: 71

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Pacific Crest Trail Map

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passage de riviere

godmyer hot spring

Lundi 16 août

Chaude, chaude journée ! Très tôt dans la nuit, j’entends partir Maya et Richard. Ils doivent rejoindre la route pour faire du stop ou prendre le bus jusqu’à Tacoma pour changer leur filtre à eau. Les américains n’aiment pas du tout boire l’eau des ruisseaux sans précaution. J’ai une petite journée de 22 kilomètres devant moi, jusqu’au Snoqualmie pass (920 m) et son hôtel et seule la perspective de la douche me fait presser le pas.Dès le départ, je trouve la chaleur pénible, pas de vent et peu d’ombre. Le sentier traverse de grands espaces de coupes d’arbres qu’on appelle ici « clear cut », (coupe claire). Sur 200m environ, les arbres sont abattus, de haut en bas de la montagne, et de jeunes sapins sont plantés quelques années plus tard. Je me trouve donc alternativement à la fraicheur et au soleil brûlant. Je remplis mes bouteilles dès que je vois un filet d’eau et bois, bois... j’ai bien trop chaud sous mon chapeau, je le remplace par mon bandana que je trempe dans l’eau à chaque occasion. Je finis ma marche sous les télésièges de la petite station du col, des pistes aussi pentues que celle de la Féclaz. Hike On m’avait vanté les pancakes d’un bon resto, mais il a fermé hier hélas. Je bats un petit record, je bois 1,5 litre de bière ! Je ne trouve à la station service que des grandes cannettes et à la deuxième je regarde la contenance : 0,74 litre... oups, heureusement j’ai pris des « light », mais je n’arrive pas à savoir si elles ont moins de calories, ou moins d’alcool, les degrés ne sont pas inscrits sur les cannettes.Pour une fois, dans ma chambre, je mets la clim mais elle est en panne dans tout l’hôtel et le réceptionniste nous distribue des ventilateurs flambants neufs et nous conseille d’ouvrir nos fenêtres le soir venu.Après un long long bain, je vais au bout du couloir faire ma lessive et je retrouve... Hike On, son chapeau encore sur la tête. Il ne me reconnait pas, ne m’ayant vu que la tête et encore, chaque fois dans la pénombre. Il est tout excité parce qu’il vient de découvrir que le sentier au-delà du col est fermé sur plus de 30km à cause d’un incendie. La réceptionniste lui a donné une carte du détour, un truc en noir et blanc illisible, copie d’une copie d’une copie d’un papier du service des forêts. Je lui indique que je ne me sens pas concernée, n’étant pas sensée le savoir et que je prendrai le chemin normal demain. Hike On me prévient que malheureusement il y a des rubans d’interdiction dès le départ et qu’un ranger hargneux sévit dans le coin avec des amendes de 5000 dollars. Il file comme un dératé, mais tant pis je ferai le détour demain avec lui, il a une boussole lui au moins. Je me fais une soirée télé, le grand truc en ce moment est une polémique au sujet de la construction d’un centre d’études islamique à côté de Ground zero, les décombres des tours jumelles. Les républicains sont contre, criant au scandale (eux parlent de construction d’une mosquée et non pas d’un centre d’études, histoire de paniquer la population), Obama a déclaré que la liberté de culte était dans la constitution et j’entends deux démocrates parler remarquablement au sujet des musulmans américains qui n’ont rien à voir avec Al Qaida. L’un d’eux, dans son speech, fait le parallèle avec la vague de boycott anti-française suite au refus d’aller en Iraq et il rappelle combien son pays s’est ridiculisé en rebaptisant les French fries (frites), liberty fries. La météo relate la vague de chaleur sur le Washington, 2010 apparait comme l’année des superlatifs. Il fait plus de 90°F à Seattle (plus de 30 ° C) et les records de chaleur de 1967 sont en passe d’être battus, c’est bien ma veineLe soir, assise au frais devant l’hôtel avec Hike On, je fais semblant d’étudier avec lui le détour sur les cartes.

Mardi 17 août

Je file à la station service pour acheter mes provisions et des cookies tout frais pour mon petit déjeuner. Je range mon sac à regret, j’aurais bien passé une semaine dans cette vaste chambre. C'est fou ce qu'un sac de 44 litres peut contenir quand tout est étalé: le sac de couchage et la doudoune qui s'aèrent sur un fauteuil en empuantissant l'atmosphère, les cartes étalées sur le lit, la nourriture qu'il faut sortir de ses sachets et cartons trop lourds pour mettre dans des ziplocks, les vêtements extirpés du sèche linge. Et chaque fois, tout finit par rentrer à nouveau en laissant place nette, un miracle répété chaque jour. A 11h, je retrouve Hike On dans le hall. La vilaine photocopie refilée par le Forest service est, au mieux, au 200 000ème, ce détour de près de 40 miles (60 km) représente tout juste 10 cm, à déchiffrer à la loupe. Allez donc lire quelque chose là-dessus, même pas de dénivelé ! Habituellement je suis le trail avec des cartes au 30 000ème et j'arrive à me perdre, alors là... Bienvenue Hike On, si nous nous perdons, à deux c’est moins stressant. le PCT est indiqué « closed » et puis plus rien ! « Demerden sie sich », nous errons un peu de l'autre côté de l'autoroute en empruntant les unes après les autres les quelques pistes qui nous semblent correspondre au plan et finalement nous découvrons, au fond d'un parking, le chemin pour le Snow Lake. Le sentier grimpe en zigzags dans la rocaille et au soleil de la mi-journée je crois fondre en suivant le pas alerte et les mollets poilus de mon nouveau compagnon. Au lac nous nous baignons, lui en short et moi dans mon très sexy bikini culotte/soutien-gorge. Nous sommes bien réhydratés pour repartir. Le chemin, après le lac, n'a vu personne depuis des lustres, les herbes et les branchages atteignent nos épaules et nous ne pouvons discerner le sol caillouteux et casse-gueule. La descente est interminable, nous avançons, incertains du tracé. Je ne cesse de penser : « c’est sûr il va falloir qu'on se tape tout dans l'autre sens ». Hike On marche devant moi et nous parlons de nos vies respectives et de nos filles (il en a deux) et le temps parait moins long et le chemin moins pénible. Vers 19h nous arrivons sur le plat, à une croisée de sentiers où un vieux panneau indique « Middle Fork trail », c'est bon ! Toute seule, j'aurais certainement rebroussé chemin, pour rien. Pour fêter ça, je sors la vodka de Pat et, avec la poudre aromatisée à la framboise et de l'eau tiède, nous nous faisons des cocktails. Quelle fiesta ! Mais les moustiques nous grignotent et vite, nous filons chacun dans notre tente. La mienne est plantée sur une jolie mousse verte et sèche et j'entends le bruit de ruisseau, suffisamment lointain pour ne pas être gênant. Il fait chaud et je n'ai pas encore déroulé le duvet. Hike On, installé à 50m vient me faire un dernier petit brin de causette dans la soirée, histoire de voir ma nuisette je présume et je m'attelle à mon journal le paquet de m&ms sous la main.

Mercredi 18 août

Le charmant Hike On n'est pas un matinal et je traine au lit jusqu'à 7h.Après 2 h de marche nous trouvons un panneau : « Godmyer hot spring, private property » (source chaude Godmyer propriété privée). Hike On a entendu parler par d'autres marcheurs de ces sources chaudes, cachées au fond de la forêt, il veut absolument aller voir. Je pense que le « private property » ne peut nous attirer que des ennuis et même du plomb dans les fesses dans ce pays de cinglés de la gâchette. Chaque fois que le PCT traverse des terrains privés, même loin de tout et inhabités, des panneaux de chaque côté indiquent qu'il faut rester sur le sentier sous peine de poursuites... « all trepassor will be prosecuted » est-il toujours écrit alors mefiat. Hike On explore l’endroit et après 10 minutes revient tout heureux, nous pouvons aller profiter de la source. En fait ces sources appartenaient à un Mr Golmyer et à sa mort le lieu et les « cabins » ont été squattés par des marginaux jusqu'à ce qu'une petite association de protection de la nature, la Northwest Wilderness, rachète le tout. Après avoir nettoyé et viré plusieurs tonnes de détritus, ils ont remis en état une des maisons de bois, nettoyé et restauré les alentours de la source et un couple de gardiens s'est installé. Ils n'acceptent pas plus de 20 personnes par jour dans un respect total de l'environnement. C'est souvent plein le week-end, Seattle n'est qu'à 40 miles. La piste est fermée aux voitures et la baignade se gagne à la sueur, il faut marcher 2h pour y arriver. Les jours de semaines, il n'y a que quelques randonneurs de passage comme nous. Ben et Kelly, les gardiens, sont des fondus de bio et de nature. Heureusement car il n'y a absolument rien autour, que de la forêt sur des centaines de kilomètres carrés. Ils viennent pour six mois en apportant toutes leurs provisions, ils empruntent la piste mais transportent tout dans une charrette sur les derniers 500m. Ben jardine des légumes. Dans la maison, ils ont un peu d'électricité grâce à un petit groupe électrogène. Ils apportent beaucoup de bouquins et trimballent probablement aussi une riche vie intérieure. Ils sont payés mais font ça surtout par amour de la wilderness. Kelly est une descendante de William Clark, l'aventurier qui avec Lewis a parcouru le nord ouest américain, ceci explique peut-être cela.Le maillot de bain étant « optionnal », nous faisons trempette tous nus dans les différents bassins, chauds ou très chauds et même dans celui très froid alimenté par la rivière voisine. Bien ramollis après 3 heures à 40°, nous reprenons le détour pour approcher le col Dutch Miler, rien de plus agaçant que de grimper, grimper sans savoir à quelle altitude la suée va s'arrêter. Nous défrichons pour les suivants, des machettes nous auraient bien aidés du reste dans ces entrelacs de branches. Les huckleberry sont à hauteur des yeux et nous picorons en montant. Il y a toutes sortes de baies, les baies saumon s’apparentent à de grosses framboises jaune orange, les baies « dés à coudre » ressemblent elles aussi à la framboise mais en plus rondes. Aucune des deux malheureusement n'est aussi délicieuse.Hike On me déclare qu'il a bien apprécié de voir enfin des courbes féminines, faut-il qu'il soit frustré après des mois sur le trail pour se rincer l'œil avec mes appâts raplaplats de sexagénaire !

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Sur Les Cretes Du Pacifique

Veronique Edelweiss
Qui n'avance pas.... recule !

 

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